Et la science derrière la biodynamie ?  

Un effet des préparations 500 et 501 sur les feuilles du mûrier blanc ?

Dans cet article on va parler de cette publication scientifique :

 


 
L'étude est parue en 2019. Elle s'emploie à comparer l'effet de la bouse de corne (BD500) de la silice de corne (BD501) et des deux préparations sur les composés chimiques des feuilles du mûrier blanc.
Pour cela les auteurs ont utilisé deux cultivars différents de mûrier blanc, les cultivars Turchanka (T) et Plodojova 3 (P).

Pour chaque traitement, quatre réplications ont été faites sur six arbres pour un total de vingt-quatre arbres donc.
La BD500 est appliquée au niveau du sol, la BD501 est appliquée au niveau des feuilles.

Le contrôle négatif est sans aucun traitement. 

Les composés phénoliques totaux (TPCC)

Les TPCC sont des composés nutritionellement et pharmacologiquement importants, ils vont influencer la qualité, la couleur et le goût des différentes parties des plantes.

Pour cet article, je me suis permis de refaire la figure, plus bas vous trouverez la vraie figure du papier pour pouvoir comparer. 
En bleu le cultivar Turchanka, en orange le cultivar Plodojova 3. L'axe des ordonnées représente la concentration (en mg ChAE 100 g−1 DM) en composés phénoliques totaux.
 
Avant de passer à la suite, quelles seraient vos conclusions ? Peut on considérer que la bouse de corne est utile ? Et pour la silice de corne ? Et pour les deux ensemble ?
Selon moi, une présentation correcte serait de mettre le contrôle en premier pour pouvoir comparer l'effet des autres traitements. Et de commencer avec un minimum à zéro.
Avec cette présentation on pourrait conclure que l'application des préparations n'a que peu d'effet sur les composés phénoliques totaux (TPCC). On voit même que l'effet n'est pas le même entre les deux cultivars et que l'ajout de silice de corne diminue la concentration en TPCC. 
Voilà ce que les auteurs présentent maintenant :



 
Vous noterez deux choses :
  • l'échelle commence à 4000 accentuant les différences.
  • le contrôle est mis à la fin rendant peu aisée la comparaison.
Les conclusions des auteurs pour cette expérience :
  • La BD 500 augmente de 3.6% le taux de TPCC dans les feuilles de Turchanka alors qu'il n'y a pas d'effet sur Plodovaja. Les auteurs expliquent cela avec l'hypothèse de la balance carbone-nutriment qui dit qu'une carence modérée cause une augmentation de la concentration des composés phénoliques totaux. Par contre, dans le cas d'une carence sévère, leur concentration diminue. Mais là les plants ont tous eu le même traitement à part l'application des préparations biodynamiques, les espèces sont également les mêmes.
  • La BD 501 diminue le taux en TPCC des deux cultivars. Les auteurs expliquent que d'autres papiers trouvent la même chose en traitant avec de la silice. Sauf que les autres papiers utilisent la silice au niveau des racines et non des feuilles.
Que peut on alors conclure pour les TPCC ? Si les deux cultivars ne réagissent pas pareil et que la silice de corne le fait baisser ?

Selon les résultats de ce papier (uniquement sur les TPCC) il vaudrait mieux ne garder que la bouse de corne mais que pour le cultivar Turchanka. 
Si la bouse de corne n'a l'air de fonctionner que sur un cultivar particulier du mûrier blanc et pas sur l'autre, est ce qu'on peut raisonnablement penser que ça marche sur toutes les plantes ou la question elle est vite répondue ? 

L'acide chlorogénique

On fait la même chose pour l'acide chlorogénique qui possède une activité anti-inflammatoire, anti-oxydante et anti-cancer. Voilà la figure refaite : 

L'axe des ordonnées représente la concentration en acide chlorogénique (en mg ChAE 100 g−1 DM).

Et voilà la figure du papier, on voit bien qu'il n'y a aucun effet bénéfique des préparations biodynamiques et même au contraire ! Et c'est aussi ce que concluent les auteurs.

Flavonoïdes totaux

On finit sur les flavonoïdes totaux (TFT) qui sont aussi anti-microbiens et anti-oxydants.

L'axe des ordonnées représente la concentration en TFT (en mg ChAE 100 g−1 DM).
 

On voit une légère augmentation avec la bouse de corne pour le cultivar T mais aucun effet pour P.
Ici la figure du papier. 

 
Rappelons tout de même que le contrôle négatif n'a pas eu d'engrais ni de pulvérisation (d'eau) au niveau de ses feuilles, il aurait été intéressant de pouvoir le faire pour avoir une vraie comparaison.

Donc on peut voir des effets contradictoires selon les cultivars, et selon les préparations.
Ce n'est certainement pas ce qu'on peut appeler une méthode globale.
On rappelle qu'on est parti des dires de R. Steiner et que depuis on perd du temps à essayer de prouver ses dires.