Et la science derrière la biodynamie ?  

Comment les préparations biodynamiques sont présentées sur les sites spécialisés ?

Vous pensiez que l'agriculture biodynamique telle que mentionnée par Demeter.fr et le Mouvement de l'Agriculture Biodynamique faisait uniquement intervenir des préparations florales ? 

Alors la suite de cet article va vous intéresser !
Présentation des préparations biodynamiques sur le site bio-dynamie.org
Présentation des préparations biodynamiques sur la site bio-dynamie.org

Présentation des préparations biodynamiques sur le site Demeter.fr
Présentation des préparations biodynamiques sur le site demeter.fr
C'est vrai que si on s'arrête à ces descriptions, on a l'impression que les préparations biodynamiues sont des décoctions florales, des sortes de tisanes à base de plantes mais attendez donc la suite.

Ce que sont vraiment les préparations biodynamiques

Attention, certaines des images qui vont suivre peuvent heurter la sensibilité.

C’est Rudolf Steiner qui présenta en 1924 les grands concepts de l’agriculture biodynamique.
Rudolf Steiner était un intellectuel et un philosophe, mais il n’avait pas de formation scientifique (Steiner, 2013). Son discours est uniquement basé sur ses intuitions propres et sa vision du monde qui lui venait de la Science de l’Esprit, d’une pensée traditionnelle mais surtout spirituelle.
Rudolf Steiner donna une série de huit conférences à des agriculteurs venus l’écouter à Kobierzyce en Pologne un an avant sa mort.

C’est au cours de ces huit conférences qu’il posa les bases de la biodynamie.

La biodynamie prend son nom directement d’une méthode pour élaborer des préparations qui favoriseraient un état de sensibilité bénéfique des cultures. Ces préparations sont au nombre de huit que l’on peut classer en deux groupes.

Le premier groupe est celui des deux préparations à épandre directement dans les champs ou sur les parcelles. Ces deux préparations sont obtenues après une étape de dynamisation c'est-à-dire de brassage dans un grand volume d’eau. Brassage qui doit conduire à la formation d’un vortex jusqu’au fond du récipient, les agriculteurs doivent ensuite casser ce vortex en tournant dans le sens opposé et ce pendant une heure. La mot biodynamie vient de cette étape.

La préparation 500

La première préparation, appelée préparation 500 ou bouse de corne est obtenue en introduisant de la bouse de vache dans une corne de vache d’âge moyen avant d’enterrer le tout pendant un hiver. Les bouses de corne sont ensuite déterrées et l’intérieur est dilué à raison de 100 grammes dans 35 Litres d’eau de pluie tiède. S’ensuit l’étape de dynamisation. La préparation est ainsi prête à être épandue au niveau du sol des cultures d’une parcelle de 1 hectare. La période d’enfouissement des cornes, l’hiver, est selon R. Steiner le moment où les forces de cristallisation sont les plus importantes. De même que la corne en tant que réceptacle sert à conserver « à l’intérieur de la corne les forces que la corne de vache avait l’habitude d’exercer dans la vache elle-même, c'est-à-dire de renvoyer par rayonnement ce qui est vivifiant et astral. » (Steiner, 2013).

Bouse de corne avant d'être enterrée. Image chinée chez Martouf le synthéticien.

La préparation 501

La deuxième préparation, la silice de corne ou préparation 501 est obtenue en introduisant un broyat fin de quartz dans une corne de vache avant de l’enterrer pendant six mois (de l’équinoxe de printemps à l’équinoxe d’automne). Ensuite, à la manière de la bouse de corne, quatre grammes de silice de corne est diluée dans 35 Litres d’eau de pluie tiède. Le tout dynamisé puis épandu sur un hectare de terrain au niveau des parties aériennes des plantes cette fois. Selon R Steiner,
"Si vous l’utilisez en pulvérisation sur l’extérieur des plantes elles-mêmes – ce sera particulièrement bénéfique pour les légumes et autres plantes semblables – non pas en arrosage brutal, mais en une pulvérisation, vous verrez que cela soutient et assiste l’action qui vient de l’autre côté, de la terre, par le fumier de corne de vache." (Steiner, 2013).

Silices de corne avant d'être enterrées. Image chinée sur le Manuel des bonnes pratiques de Demeter.net 

Les préparations florales

A cela s’ajoutent six préparations (502 à 506) à introduire à raison de deux grammes (½ cuillère à café) par 10 m3 de fumier solide et de 20 m3 de lisier ou de fumier liquide ainsi qu’une préparation liquide (507) à asperger sur la même quantité de fumier (à raison de ½ cuillère à café également).
Pour les préparations à introduire dans le compost, il suffit de creuser un trou à 50 cm de profondeur dans le tas et d’y déposer la préparation. Pour plus d’efficacité, il vaut mieux, plutôt que de déposer la préparation en l’état, faire une boule de compost mâture, déposer la préparation au milieu de cette boule avant de la refermer, de la modeler pour qu’elle passe dans le trou effectué et de reboucher.

La préparation 502

La préparation 502 est obtenue en remplissant une vessie de cerf mâle d’ombelles (pétales) d’achillées millefeuilles. Ces vessies fourrées sont ensuite accrochées au soleil pendant tout un été. Pour protéger ces vessies des attaques d’oiseau, on peut les entourer d’un treillis non métallique, et les abriter sous un auvent pour les abriter des intempéries. Avec cette préparation, Rudolf Steiner nous dit qu’elle :
[…] redonne au fumier la possibilité de vivifier la terre de telle sorte que les autres quantités de substances cosmiques, ce qui vient vers la terre dans les dosages homéopathiques les plus subtils sous forme d’acide silicique, de plomb, etc., soient captés (Steiner, 2013).
Vessies de cerf fourrées de pétales d'Achillées millefeuilles exposées aux forces de l'été. Image chinée sur le Manuel des bonnes pratiques de Demeter.net 

La préparation 503

La préparation 503 est obtenue en insérant des têtes de camomille allemande dans un intestin grêle de bovidé à la manière de saucisses florales. Cet intestin n’est ni retourné ni lavé, il doit être le plus frais et le plus chaud possible. Les saucisses ainsi fourrées sont enterrées pendant un hiver dans un lieu ensoleillé où la neige reste le plus longtemps possible. Rudolf Steiner nous dit, à propos de cette préparation :
[…] on verra qu’on obtient par là une fumure qui premièrement est, elle aussi, plus stable en azote qu’une autre fumure, mais qui a en outre la particularité de vivifier la terre de telle sorte que celle-ci peut agir d’une façon extraordinairement stimulante sur la croissance des plantes (Steiner, 2013). 
Intestin grêle de bovidé en train de sécher. Image chinée sur le Manuel des bonnes pratiques de Demeter.net 

La préparation 504

La préparation 504 est, elle, obtenue en enterrant des orties un peu fanées ou séchées, attachées en bouquets serrés pendant un an à 60 cm de profondeur dans un sol fertile et recouvert de tourbe.
"Grâce à cet ajout précisément, on rendra l’engrais tout bonnement raisonnable et on le rendra particulièrement capable de rendre raisonnable également la terre dans laquelle on l’incorporera, de telle sorte qu’elle s’individualisera en fonction des plantes qu’on veut justement produire de cette façon." (Steiner, 2013).
Orties en train de sécher avant d'être enterrées. Image chinée sur le Manuel des bonnes pratiques de Demeter.net 

La préparation 505

Pour la préparation 505, des écorces de chêne sont prélevées et râpées finement. Cette sciure est ensuite introduite dans un crâne d’animal domestique selon la législation en vigueur (le plus souvent des crânes de cheval, de vache ou de cochon sont utilisés). Ces crânes ainsi fourrés sont enterrés pendant un automne et un hiver près d’un point d’eau. Rudolf Steiner nous dit qu’avec « […] cette substance, nous ajoutons à nos masses d’engrais ce qui leur confèrera réellement les forces nécessaires pour combattre, pour arrêter les maladies nuisibles des plantes de façon prophylactique (Steiner, 2013).
Récupération du macérat d'écorces de chêne à partir de crânes de vaches. Image chinée sur le Manuel des bonnes pratiques de Demeter.net 

La préparation 506

Pour la dernière préparation florale solide il suffit récolter des têtes de pissenlit pas encore ouverts, les laisser sécher dans un endroit chaud et sec. Il n’y a plus qu’à récupérer un mésentère de bovin pour y insérer les pissenlits séchés et ainsi confectionner une boule de la taille de la tête d’un enfant avant de l’enterrer à son tour pendant l’hiver.
"La substance obtenue dans les boules peut être ajoutée de façon analogue à l’engrais et elle donnera au sol terrestre la faculté d’attirer de l’atmosphère et du cosmos juste autant d’acide silicique qu’il en faut pour que les plantes deviennent réellement réceptives à tout ce qui agit précisément dans leur environnement et attirent d’elles-mêmes ce dont elles ont alors besoin" (Steiner, 2013).
Pissenlits insérés dans un mésentère de bovin. Image chinée sur le Manuel des bonnes pratiques de Demeter.net

La préparation 507

Cette préparation est obtenue en diluant fortement du jus de valériane. Plusieurs méthodes existent, l’une d’elle consiste à extraire le suc des ombelles de valériane avec un hachoir, un pilon ou tout simplement un pressoir.
Quatre parts d’eau sont ajoutées aux ombelles de façon à remplir le récipient et évacuer l’air. Le tout doit être exposé au soleil pendant environ trois semaines avant de presser cette extrait.
Une autre méthode venant d’Australie consiste à prélever uniquement les pétales sans les sépales. Des récipients en verre sont remplis aux trois quart de pétales et complétés par de l’eau avant d’être exposés au soleil. Lorsque le liquide est devenu doré, il suffit d’égoutter puis d’essorer les fleurs dans un linge en prenant soin de récupérer le liquide pour le mettre en bouteilles hermétiques gardées couchées à l’obscurité.
Dans les deux cas, pour l’utilisation sur le compost, il y a comme pour les préparations 500 et 501, une étape de dynamisation. Cinq à dix gouttes de préparation filtrée sont ajoutées dans un volume de cinq litres d’eau à 35°C, le tout brassé pendant quinze à vingt minutes. Ce mélange est ensuite utilisé pour arroser le tas de compost.
 
Extraction d'un jus de valériane. Image chinée sur le Manuel des bonnes pratiques de Demeter.net 

Un cahier des charges

Ces préparations sont OBLIGATOIRES comme c'est mentionné dans le cahier des charges de Demeter.
 

Extrait du cahier des charges Demeter-Edition mars 2020, page 113.

Résumé des préparations biodynamiques



Allez de ce côté pour savoir si ces préparations ont une quelconque efficacité au regard de la méthode scientifique.